Carte d'exposition mise à jour par arrêté du 9 janvier 2026
Fissures et sols argileux : ce qu'il faut vérifier avant de refaire une façade
Une façade fissurée peut relever de deux mondes très différents. Dans un cas, le désordre est superficiel et se traite avec la réfection. Dans l'autre, il traduit un mouvement du sol sous la maison, et refaire la façade sans traiter la cause revient à effacer un symptôme qui reviendra. Le département compte des sols argileux dont la teneur en eau varie fortement entre l'été et l'hiver. Cette page explique comment lire la carte officielle pour votre adresse, comment distinguer les deux situations, et à quel moment un bureau d'études doit intervenir avant les travaux.
Le retrait-gonflement, en deux minutes
Certains sols argileux se comportent comme une éponge : ils perdent du volume en période sèche et le reprennent lorsqu'ils se réhydratent. Le phénomène est lent et invisible, mais il n'est pas uniforme sous une construction. Une façade exposée au sud, un angle proche d'un arbre, une partie de la maison bâtie sur un remblai : le sol ne bouge pas partout de la même manière, et c'est ce mouvement différentiel qui met la structure en contrainte.
Les maisons individuelles sont les plus concernées : leurs fondations sont plus légères et moins profondes que celles d'un immeuble collectif. Les désordres se lisent en fissures, tassements, ouvertures déformées.
Le sujet a pris une importance nationale. Les zones d'exposition moyenne et forte couvrent désormais 55 % du territoire métropolitain, contre 48 % en 2020 : c'est le ministère chargé de l'écologie qui le publie. Le service public d'information sur le retrait-gonflement, lui, chiffre à 12,1 millions le nombre de maisons individuelles situées dans ces zones, soit 61,5 % du parc. Ce n'est pas une raison de s'alarmer pour une fissure isolée, mais c'est une raison de vérifier son adresse avant d'engager des travaux de façade.
Un point important pour situer la responsabilité : le retrait-gonflement n'est pas un défaut de la façade. Il agit sur la structure et sur les fondations. La façade en est le témoin, pas la cause.
Service public d'information sur le retrait-gonflement des argiles : 12,1 millions de maisons individuelles, soit 61,5 % du parc, se situent en zone d'exposition moyenne ou forte. Le taux de 55 % du territoire métropolitain est celui publié par le ministère chargé de l'écologie après l'arrêté du 9 janvier 2026.
Source : https://fonds-prevention-argile.beta.gouv.fr/La carte officielle a changé au 1er juillet 2026
La carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles, qui datait de 2020, a été mise à jour par un arrêté du 9 janvier 2026. Cette révision croise les données géotechniques et l'historique des sinistres déclarés. Elle a reclassé un grand nombre de communes : des secteurs jusque-là en exposition faible sont passés en exposition moyenne, et des secteurs moyens sont passés en forte.
Le nouveau zonage n'a pas d'effet rétroactif sur les constructions existantes. Il s'applique aux promesses et actes de vente de terrains constructibles non bâtis, ainsi qu'aux contrats de construction de maison individuelle, conclus à compter du 1ᵉʳ juillet 2026.
Pour un propriétaire qui envisage des travaux de façade, l'intérêt de cette carte n'est donc pas réglementaire : il est informatif, et il est décisif. Savoir que votre parcelle est classée en exposition moyenne ou forte change l'ordre des opérations. Cela ne rend pas les travaux impossibles ; cela impose de qualifier les fissures avant de les refermer.
Un dispositif expérimental d'accompagnement des propriétaires, lancé en octobre 2025, existe dans onze départements pilotes. Les Bouches-du-Rhône n'en font pas partie à ce jour.
« Un arrêté du 9 janvier 2026 a actualisé la carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles. […] Les zones d'exposition moyenne et forte représentent désormais 55 % du territoire métropolitain, contre 48 % en 2020. Le nouveau zonage s'applique aux ventes et aux contrats de construction de maison individuelle conclus à compter du 1er juillet 2026. » — ministère chargé de l'écologie, dossier retrait-gonflement des argiles et construction.
Source : https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/retrait-gonflement-argiles-constructionLire la carte pour votre adresse, pas pour votre commune
C'est l'erreur la plus fréquente. Le classement n'est pas communal : il est cartographié à une échelle bien plus fine, et il peut changer d'un quartier à l'autre, parfois d'une rue à l'autre. Dire « ma commune est en zone forte » n'a pas de sens opérationnel ; il faut le classement de la parcelle.
La consultation est gratuite et ne demande aucune inscription. Sur le portail public Géorisques, la saisie d'une adresse complète ou d'une référence cadastrale affiche une fiche par parcelle, avec le niveau d'exposition retenu et les autres risques recensés. Conservez la fiche datée : elle constitue une pièce utile dans un dossier d'assurance comme dans une consultation d'entreprises.
Le même portail alimente un autre document que beaucoup de propriétaires ont déjà entre les mains sans l'avoir lu : l'état des risques, remis par le vendeur ou le bailleur avant la signature. Il doit dater de moins de six mois à la remise, et il mentionne les risques naturels auxquels le bien est exposé ainsi que les sinistres ayant donné lieu à indemnisation. Si vous avez acheté récemment, ce document est dans votre dossier d'acquisition.
Deux limites, pour ne pas surinterpréter. La carte donne une exposition, c'est-à-dire une probabilité de présence de sols sensibles : elle ne dit rien de ce qu'il y a sous vos fondations. Et un classement faible n'exclut pas un désordre d'une autre origine — infiltration, fuite de réseau enterré, surcharge, remblai.
Distinguer une fissure structurelle d'un désordre superficiel
Aucune observation ne remplace un diagnostic, mais quelques repères disent s'il faut en commander un.
Sont plutôt superficiels : un réseau de microfissures très fines et régulières réparties sur une surface, sans direction dominante et sans continuité d'un matériau à l'autre ; un décollement ou un cloquage localisé du revêtement, qui sonne creux au maillet ; des fissures qui s'arrêtent net à un changement de support. Ces désordres relèvent du revêtement et se traitent avec la réfection de la façade.
Doivent au contraire faire penser à un mouvement de la structure : une fissure traversante, visible de la même manière à l'intérieur et à l'extérieur ; une fissure oblique, en escalier, qui suit les joints de la maçonnerie et part d'un angle d'ouverture ; une fissure large de plus d'un ou deux millimètres, ou dont l'ouverture n'est pas constante sur sa longueur ; une déformation associée — porte ou fenêtre qui coince, seuil désaffleuré, carrelage qui se soulève. L'évolution saisonnière est le signe le plus caractéristique du retrait-gonflement : le désordre s'ouvre en fin d'été et se referme partiellement l'hiver.
Le geste utile coûte peu : documenter avant d'intervenir. Photographiez chaque fissure avec un objet de dimension connue dans le cadre, datez, notez l'orientation de la façade, recommencez à quelques mois d'intervalle. Un témoin posé en travers de la fissure dit si elle est active. Sans cet historique, personne ne pourra établir si le mouvement est stabilisé.
À réunir avant tout diagnostic ou toute déclaration : fiche parcellaire éditée sur le portail public des risques, avec sa date ; état des risques remis lors de l'achat ou de la mise en location ; photographies datées de chaque fissure, avec un objet de dimension connue dans le cadre ; relevé de l'évolution à quelques mois d'intervalle ; plan de situation des arbres, réseaux enterrés et écoulements d'eaux pluviales autour de la maison.
Source : https://www.georisques.gouv.fr/minformer-sur-un-risque/retrait-gonflement-des-argilesQuand un bureau d'études doit intervenir avant les travaux
La règle de décision tient en une phrase : si les indices penchent vers un mouvement de structure, la reprise de la façade ne doit pas être engagée avant le diagnostic. Refermer une fissure active revient à effacer l'unique élément d'observation dont dispose un expert, et à faire supporter à l'entreprise de façade un désordre dont elle n'est pas responsable.
Quatre situations justifient de missionner une étude de sol ou un bureau d'études structure avant de consulter des entreprises : une fissure traversante ou évolutive ; une parcelle classée en exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement ; une commune de votre adresse ayant déjà fait l'objet d'une reconnaissance de catastrophe naturelle pour la sécheresse ; une extension ou une véranda accolée présentant un désordre à la jonction avec l'existant.
L'étude ne produit pas seulement un verdict, mais une prescription : mouvement stabilisé ou non, reprise éventuelle, ordre des interventions. C'est elle qui fixe le point de départ des travaux de façade.
Une borne aval, pour être clair sur le périmètre : la reprise en sous-œuvre, les micropieux et l'injection de résine relèvent d'entreprises spécialisées de fondation, pas d'une entreprise de façade. Notre rôle s'arrête à la façade elle-même, une fois la cause traitée ou le mouvement déclaré stabilisé.
Ce que la réglementation impose pour vendre un terrain ou construire
Ce cadre ne vise pas la réfection d'une façade existante, mais il explique la présence du sujet dans les actes immobiliers.
L'article 68 de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique a introduit, dans les zones d'exposition moyenne et forte, deux obligations distinctes. La première pèse sur le vendeur d'un terrain constructible non bâti : il doit fournir une étude géotechnique préalable, dont la durée de validité est de trente ans lorsque aucun remaniement du sol n'est intervenu. La seconde pèse sur le maître d'ouvrage avant la conclusion d'un contrat de construction : une étude de conception, qui fixe les prescriptions constructives adaptées au terrain, ou à défaut le respect de techniques particulières définies par voie réglementaire.
Le champ d'application est celui des maisons individuelles, dans la limite de deux logements.
Portée pratique pour un propriétaire qui reste dans son bien : ces études, lorsqu'elles figurent au dossier de la maison, sont exactement ce qu'un expert demandera en cas de sinistre.
Article 68 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, codifié au code de la construction et de l'habitation : dans les zones exposées au phénomène de mouvement de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols d'exposition moyenne ou forte, la vente d'un terrain non bâti constructible est précédée d'une étude géotechnique préalable, dont « la durée de validité de cette étude est de 30 ans ». Le maître d'ouvrage fournit avant la conclusion du contrat une étude de conception, ou respecte les techniques particulières de construction définies par voie réglementaire.
Source : https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/retrait-gonflement-argiles-constructionCe qui limite les mouvements autour d'une maison
Aucune de ces mesures ne se substitue à un diagnostic, mais elles agissent toutes sur la même variable : la stabilité de la teneur en eau du sol au droit des fondations. Elles relèvent de l'entretien courant et sont, pour la plupart, à la portée du propriétaire.
La végétation d'abord. Les arbres et arbustes à fort besoin en eau plantés trop près d'un mur assèchent le sol en profondeur pendant la saison chaude. L'abattage brutal d'un arbre ancien produit l'effet inverse — une réhydratation rapide du sol — et n'est donc pas une bonne idée sans avis technique.
Les eaux ensuite, dans les deux sens. Une descente d'eau pluviale qui déverse au pied du mur, une gouttière percée, une canalisation enterrée en défaut créent une zone humide permanente là où il ne faut pas. À l'inverse, un sol nu et compacté contre la façade s'assèche plus vite que le reste du terrain. Un trottoir périphérique pentu, des évacuations rejetées à distance et des réseaux vérifiés comptent parmi les mesures les plus efficaces.
Enfin, tout ce qui modifie les charges ou le drainage à proximité mérite attention : terrassement, piscine, mur de clôture massif, extension accolée sans joint de rupture. Ce sont les premiers éléments qu'un expert cherchera à dater.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon adresse est en zone argileuse ?
En consultant la carte d'exposition sur le portail public Géorisques, avec l'adresse complète ou la référence cadastrale. Le classement est cartographié à une échelle fine et peut varier à l'intérieur d'une même commune : c'est le niveau de la parcelle qui compte, pas celui de la commune. La consultation est gratuite et sans inscription.
Quelle fissure doit m'inquiéter ?
Celle qui est traversante, c'est-à-dire visible de la même façon dedans et dehors ; celle qui est oblique, en escalier, et part d'un angle de fenêtre ou de porte ; celle dont l'ouverture dépasse un à deux millimètres ou varie sur sa longueur ; et surtout celle qui évolue avec les saisons. Un réseau de microfissures fines et régulières sur une surface relève plutôt du revêtement.
Puis-je faire refaire ma façade avec des fissures actives ?
Ce n'est pas recommandé. Refermer une fissure active supprime l'élément d'observation dont a besoin un expert et fait porter à l'entreprise de façade un désordre dont l'origine est structurelle. Faites d'abord qualifier le mouvement, puis engagez la réfection une fois la cause traitée ou la stabilisation constatée.
L'étude de sol est-elle obligatoire pour refaire une façade ?
Non. Les obligations issues de la loi de 2018 visent la vente d'un terrain constructible non bâti et la construction de maisons individuelles dans les zones d'exposition moyenne ou forte, pas la réfection d'une façade existante. Une étude reste néanmoins la bonne décision technique lorsque les fissures évoluent.
Existe-t-il un dispositif d'accompagnement dans les Bouches-du-Rhône ?
Le dispositif expérimental lancé en octobre 2025 concerne onze départements pilotes, parmi lesquels ne figurent pas les Bouches-du-Rhône. La voie principale dans le département reste la garantie catastrophe naturelle, lorsque la commune a fait l'objet d'un arrêté de reconnaissance pour la période concernée.
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