Plan de sauvegarde et de mise en valeur, approuvé le 18 avril 2018
Refaire une façade dans le secteur protégé d'Arles
Le centre ancien d'Arles n'est pas régi par le règlement d'urbanisme ordinaire de la commune, mais par un plan de sauvegarde et de mise en valeur révisé et approuvé par arrêté préfectoral le 18 avril 2018. Ce document a une portée réglementaire complète et il descend jusqu'au détail de la mise en œuvre d'un mur. Cette page décrit ce qu'il change concrètement pour une façade : le périmètre applicable, ce que le règlement prescrit, ce qu'il écarte, l'autorisation à déposer, le délai d'instruction et les personnes à consulter avant de faire chiffrer quoi que ce soit.
Un document révisé en 2018, étendu autour du bien inscrit à l'UNESCO
Arles figure parmi les tout premiers secteurs protégés créés en France : le périmètre initial date de 1966, sous le régime dit du « secteur sauvegardé ». Le document en vigueur aujourd'hui est le fruit d'une révision : la Ville d'Arles indique qu'il « a été approuvé le 18 avril 2018 par arrêté préfectoral ». Le règlement écrit lui-même porte la date de novembre 2015 ; il a été élaboré avec les services de l'État chargés de la culture et du patrimoine.
La révision n'a pas seulement actualisé les règles : elle a élargi l'emprise. La Ville précise que le périmètre a été étendu pour inclure une partie des abords immédiats des monuments qui ont justifié l'inscription d'Arles au patrimoine mondial. Les monuments romains et romans d'Arles sont inscrits sur cette liste depuis 1981. Concrètement, des immeubles qui n'étaient pas concernés par le périmètre précédent le sont désormais.
La conséquence pratique est simple, et c'est la première chose à vérifier : la question n'est pas « mon immeuble est-il ancien ? », mais « ma parcelle est-elle dans le périmètre du plan de sauvegarde tel qu'il a été étendu en 2018 ? ». Deux immeubles d'une même rue peuvent relever de deux régimes différents, et l'ancienneté du bâti n'est pas le critère.
Depuis la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine, l'appellation officielle du périmètre est « site patrimonial remarquable ». Le plan de sauvegarde est l'un des deux documents de gestion possibles à l'intérieur d'un tel site ; c'est celui, le plus exigeant, dont Arles est dotée. Dans son périmètre, il tient lieu de document d'urbanisme — mécanisme commun aux trois régimes de protection du département, exposé sur la page consacrée à l'avis de l'architecte des Bâtiments de France.
Hors périmètre, c'est le plan local d'urbanisme communal qui s'applique : Arles ne relève d'aucun document intercommunal, chaque commune de l'agglomération conservant le sien. Et comme Arles est la commune la plus étendue de France métropolitaine, ce seul document communal couvre des contextes bâtis sans rapport entre eux, du centre ancien aux hameaux de Camargue. Première démarche, donc, avant tout chiffrage : obtenir l'extrait du plan réglementaire à l'échelle de la parcelle et la prescription écrite qui s'y rattache.
« Ce document a été approuvé le 18 avril 2018 par arrêté préfectoral. » — Ville d'Arles, page de présentation du plan de sauvegarde et de mise en valeur, qui mentionne également l'« extension pour inclure une partie des abords immédiats des monuments qui ont justifié l'inscription d'Arles au patrimoine mondial par l'Unesco ».
Source : https://arles.fr/vivre-a-arles/urbanisme/permis-de-construire/les-reglements-durbanisme/le-plan-de-sauvegarde-et-de-mise-en-valeur-psmv/Ce que le règlement prescrit pour un mur de façade
C'est la particularité arlésienne, et elle surprend souvent les propriétaires : le règlement ne se contente pas d'un principe général d'insertion. Il descend au niveau du matériau, de l'aspect obtenu et du mode de mise en œuvre. Un devis établi sans avoir lu ces articles a de fortes chances d'être non conforme, même s'il est techniquement soigné.
Le règlement pose d'abord un principe de restauration : les bâtiments sont restaurés dans leurs matériaux et mises en œuvre d'origine. La fiche pédagogique publiée par la Ville en tire la conséquence historique et l'explique sans détour : l'emploi du ciment, un temps considéré comme plus performant sur les maçonneries de pierre, s'est avéré incapable d'évacuer l'eau présente dans les murs.
Le règlement impose ensuite une lecture préalable de la façade — sondages, recherche documentaire, archives — avant de décider de l'intervention, et il retient le principe de réversibilité. Cette étape de relevé n'est pas facultative : c'est elle qui détermine ce qui sera prescrit sur votre immeuble, et c'est elle qui doit figurer en amont du devis, pas après.
Deux cas de figure sont explicitement encadrés : la réfection complète et le traitement dit « à pierres vues », réservé par le règlement à des situations précises — laisser apparents des éléments d'architecture, ou traiter des façades secondaires telles que pignons et façades sur cour. Il ne s'agit donc pas d'une option esthétique librement choisie par le propriétaire.
Règlement du plan de sauvegarde d'Arles, article USS 11.1.1.2 : « Les enduits sont réalisés de façon traditionnelle, à la chaux naturelle aérienne, mélangée avec des sables d'ocres naturelles et oxydes naturels, lissés truelle, talochés fins, frotassés très fins, grattés après séchage. Les badigeons de chaux sont mis en œuvre à la brosse. » Le même règlement pose que « les façades en maçonnerie de moellons doivent rester ou être enduites ».
Source : https://arles.fr/app/uploads/2022/03/5-PSMV-ARLES-REGLEMENT.pdfCe que le règlement écarte expressément
La liste d'exclusions du règlement arlésien est la plus détaillée du département. La connaître évite le scénario le plus coûteux pour un propriétaire : un projet voté, chiffré, parfois déjà commandé, puis refusé sur un point de matériau ou de procédé qui figurait noir sur blanc dans le document.
Trois familles reviennent. D'abord la mise à nu des maçonneries de moellons, très demandée par goût du « pierre apparente » : le règlement l'écarte, et la doctrine patrimoniale publiée par les services de l'État explique pourquoi — un mur de moellons est conçu pour recevoir une couche de protection, seule la pierre de taille appareillée étant destinée à rester exposée. Ensuite les revêtements d'aspect industriel ou fantaisiste, y compris les imitations de matériaux. Enfin les mortiers au ciment appliqués sur des maçonneries hourdées à la chaux.
Deux exclusions sont assorties d'une réserve utile à connaître, parce qu'elles ouvrent une discussion possible avec le service instructeur : certains procédés sont admis lorsqu'ils correspondent réellement à la typologie et à l'époque de construction de la maison. Un immeuble de la fin du XIXᵉ siècle ne relève donc pas nécessairement du même traitement qu'une maison de bourg médiévale.
Le nettoyage relève de la même logique. Le règlement écarte les procédés abrasifs les plus agressifs et encadre par des valeurs chiffrées ceux qu'il conseille — une pression et une granulométrie maximales sont indiquées. Ce sont des prescriptions techniques opposables, à reporter telles quelles dans la consultation des entreprises.
Règlement du plan de sauvegarde d'Arles, sont notamment interdits : « la mise à nu (décroutage) des maçonneries de moellons enduites et le rejointoiement de moellons ; les enduits mécaniques, synthétiques, ou d'inspiration fantaisiste ; les enduits dits rustiques (jetés, écrasés, au rouleau, etc.) ; […] les imitations de matériaux (fausses pierres, fausses briques, etc.) ; les mortiers à base de ciment sur des maçonneries hourdées à la chaux […] ; les matériaux d'habillage et de parements extérieurs venant en surépaisseur de matière par rapport au nu du mur existant avant réfection d'enduit. »
Source : https://arles.fr/app/uploads/2022/03/5-PSMV-ARLES-REGLEMENT.pdfL'autorisation à déposer et le délai d'instruction
Dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, les travaux qui touchent à l'aspect extérieur d'un immeuble existant sont soumis à autorisation d'urbanisme, en général une déclaration préalable. Il n'existe pas de dispense pour une reprise dite « à l'identique » : la restitution d'un état existant est précisément ce que le règlement entend contrôler.
Le dossier est soumis à l'architecte des Bâtiments de France, dont l'accord conditionne la délivrance de l'autorisation. Le calendrier, lui, ne dépend pas de cet accord mais de la situation du projet. Dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable comme aux abords d'un monument historique, le délai d'instruction d'une déclaration préalable est majoré d'un mois : il passe d'un mois à deux (code de l'urbanisme, articles R. 423-23 et R. 423-24). Cette majoration n'est opposable que si la mairie vous l'a notifiée dans le mois qui suit le dépôt ; à défaut, le délai d'un mois reste applicable. Dans tous les cas, le délai ne court qu'à compter d'un dossier complet et repart en cas de demande de pièces manquantes.
Ce délai est un délai réglementaire, pas une estimation. Il s'ajoute au temps de préparation du dossier — relevé, sondages, photographies — et, en copropriété, au calendrier de l'assemblée générale appelée à voter les travaux. C'est le poste qui déséquilibre le plus souvent un planning quand il n'a pas été anticipé.
Dernier point de vigilance : dans certains périmètres protégés, l'absence de réponse de l'administration ne vaut pas accord tacite. Le récépissé de dépôt indique le délai applicable à votre dossier et la nature de la décision qui naîtra du silence. C'est le document à conserver, et à relire.
Code de l'urbanisme, article R. 423-24 : le délai d'instruction de droit commun est majoré d'un mois « lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques ». Le délai de droit commun d'une déclaration préalable étant d'un mois (article R. 423-23), l'instruction est portée à deux mois dans ces périmètres. Cette majoration n'est applicable que si elle a été notifiée au déclarant dans le mois suivant le dépôt du dossier (articles R. 423-42 et R. 423-43).
Source : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000053903312Qui consulter avant de faire chiffrer un projet
Deux interlocuteurs, et dans cet ordre. Le service urbanisme de la Ville d'Arles, d'abord, pour identifier le régime applicable à la parcelle et obtenir l'extrait du plan réglementaire ainsi que la prescription attachée à l'immeuble. L'unité départementale de l'architecture et du patrimoine ensuite, qui tient une antenne à Arles, 11 rue Parmentier, sur rendez-vous.
Un échange en amont, sur un projet encore modifiable, coûte un rendez-vous. Le même échange après le vote et la signature coûte un dossier. C'est la seule véritable optimisation de calendrier disponible sur ce type d'opération, et elle ne dépend que du propriétaire ou du conseil syndical.
Sur le fond, préparez la discussion avec des éléments matériels plutôt qu'avec des intentions : photographies de la façade prises depuis l'espace public, relevé des modénatures et des encadrements, résultat des sondages là où plusieurs couches se superposent, et, lorsqu'ils existent, documents d'archives montrant un état antérieur. C'est ce corpus qui permet de trancher entre réfection complète et traitement partiel.
Enfin, faites porter la consultation des entreprises sur un cahier des charges tiré du règlement, et non sur une description générique. Une consultation qui reprend les prescriptions article par article produit des offres comparables entre elles et défendables devant le service instructeur. C'est aussi ce qui évite les avenants une fois l'échafaudage monté.
À réunir avant de consulter des entreprises, dans le centre ancien d'Arles : extrait du plan réglementaire à l'échelle de la parcelle ; prescription écrite attachée à l'immeuble ; relevé photographique de la façade depuis l'espace public, volets ouverts ; compte rendu des sondages de la façade ; le cas échéant, documents d'archives. Antenne locale de l'unité départementale de l'architecture et du patrimoine : 11 rue Parmentier, 13200 Arles, accueil sur rendez-vous.
Source : https://www.culture.gouv.fr/fr/Regions/Drac-Provence-Alpes-Cote-d-Azur/La-Direction-regionale-des-affaires-culturelles-DRAC-Provence-Alpes-Cote-d-Azur/Unites-departementales-de-l-architecture-et-du-patrimoine-UDAP-de-Provence-Alpes-Cote-d-Azur/UDAP-des-Bouches-du-RhoneQuestions fréquentes
Comment savoir si mon immeuble est dans le périmètre du plan de sauvegarde ?
En consultant le plan réglementaire à l'échelle de la parcelle, téléchargeable sur le site de la Ville d'Arles et consultable au service urbanisme. Le périmètre a été étendu lors de la révision approuvée le 18 avril 2018, pour englober une partie des abords immédiats des monuments inscrits au patrimoine mondial : un immeuble hors périmètre auparavant peut y être entré.
Une reprise à l'identique dispense-t-elle de déclaration préalable ?
Non. Dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, les travaux modifiant l'aspect extérieur sont soumis à autorisation, sans exception pour l'identique. C'est précisément la conformité de la restitution que le règlement entend vérifier.
Combien de temps dure l'instruction du dossier ?
Le délai de droit commun d'une déclaration préalable est d'un mois (code de l'urbanisme, article R. 423-23). Il est majoré d'un mois dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou aux abords des monuments historiques, soit deux mois (article R. 423-24). Cette majoration n'est opposable que si la mairie vous l'a notifiée dans le mois qui suit le dépôt ; à défaut, le délai d'un mois reste applicable. Dans tous les cas, le délai ne court qu'à compter d'un dossier complet et repart en cas de demande de pièces manquantes.
Puis-je faire dégager la pierre de mon mur au lieu de le recouvrir ?
Le règlement du plan de sauvegarde écarte la mise à nu des maçonneries de moellons enduites. La doctrine publiée par les services de l'État rappelle qu'un mur de moellons est conçu pour recevoir une couche de protection et que seule la pierre de taille appareillée est destinée à rester exposée en façade.
Et si ma maison est à Arles mais hors du centre ancien ?
C'est alors le plan local d'urbanisme communal qui s'applique. Arles ne relève d'aucun document intercommunal : chaque commune de la communauté d'agglomération conserve son propre document d'urbanisme. Vérifiez aussi si votre parcelle relève des abords d'un monument historique, régime distinct du plan de sauvegarde.
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